Courir en sandales huaraches

Courir en sandales huaraches

Dans ma série d’expériences dans le minimalisme en course à pied, je teste depuis quelques temps les sandales huaraches. Dans le genre minimaliste, on peut pas vraiment faire mieux : une semelle, une ficelle et roule ma poule. Et pour une fois, le prix est aussi minimaliste que la chaussure !

Mais des sandales huaraches c’est quoi ?

C’est un terme probablement un peu galvaudé, même Nike a osé sortir un modèle nommé huarache (qui n’a rien d’une sandale, c’est pas le genre de la maison, vous vous en doutez). En gros c’est une sorte de sandale relativement simple et faite main (vous mesurez j’espère l’intense travail de recherche historique et de synthèse qui m’a permis d’arriver à cette conclusion pointue). Le succès du livre Born to run qui évoque le peuple tarahumara qui court avec ce genre de sandales a sans doute beaucoup fait pour la popularité du terme parmi les coureurs.

Pourquoi tu veux courir avec ça, t’es pas un peu con ?

Bon déjà tu changes de ton et ensuite je fais ce que je veux, je force personne à courir avec des sandales. C’est fou ça. Sinon ceux qui suivent ce blog savent que je cours régulièrement pieds nus ou en Five Fingers ( même si ça ne constitue pas forcément l’essentiel de ma pratique). Et ce pour deux raisons principales : le plaisir et travailler la technique.

Sauf que pieds nus, je ne cours pas bien longtemps faute de résistance plantaire, et c’est pas facile quand il pleut ou qu’il fait froid. Quant au Five Fingers, je trouve curieusement que malgré leur minimalisme, l’écart avec les sensations du pieds nus est tout de même assez notable pour que ça me frustre : j’ai constaté que j’avais tendance à leur préférer le pied nu ou mes chaussures classiques. Je trouve aussi que c’est pas donné. Au fond, je n’ai besoin que d’une semelle me disais-je.

C’est donc ainsi que j’en suis venu à repenser aux sandales huaraches. Je dois dire que je partais plutôt sceptique : en voyant les photos je me disais que ça devait être assez affreux au niveau des sensations et que la cordelette devait être gênante, surtout au niveau de l’orteil.

En quête de sandales à 20 balles

En faisant mes recherches sur internet, je tombe sur les sandales Luna , je manque tomber de ma chaise en découvrant qu’elles valent 100 euros. Des sandales. Putain que ça coûte cher le minimalisme les enfants. Drapé dans une dignité de bon aloi, je vais chercher mon bonheur ailleurs.

Je me tourne alors vers des modèles plus roots, tel que décrit ici sur le blog de christian harberts . Je vois qu’il part d’un « kit » à 20 dollars. Voilà qui correspond déjà plus à mes attentes budgétaires. En gros tu dessines tes pieds, tu découpes les semelles toi-même, tu fais trois trous dans chaque semelle pour passer les cordelettes et zou. J’ai un peu la flemme, je continue à chercher mon bonheur ailleurs.

Je tombe alors sur ce blog de sandales minimalistes qui me propose de m’en fabriquer pour 25 euros, frais d’envoi compris, avec le choix entre 4 types de semelle Vibram (et le choix de la couleur des lacets, c’est pas parce qu’on est minimaliste qu’on est pas un peu coquet). Oui une semelle Vibram, parce que certes c’est juste une semelle mais tant qu’à faire, autant que ce soit une bonne. Et je suis pas encore prêt psychologiquement à tailler mes chaussures avec les dents dans le premier pneu venu.

Séduit, comme toujours, par l’idée de n’avoir rien à faire moi-même, je commande donc sur le blog sus-mentionné une paire de sandales, avec semelles « SuperNewflex » de 6mm pour 25 euros. A noter que c’est du « sur-mesure » : il faut envoyer le dessins du contour de ses pieds, avec l’emplacement des trous où passera la cordelette en suivant les instructions du site.

Le laçage des sandales huaraches

Quelques jours plus tard, je les retrouve dans ma boite-aux-lettres : ça tient dans une enveloppe craft que je déballe comme un gamin à Noël. Ca ne pèse rien, c’est de l’ordre de 60g la sandale.

C’est pas le tout, faut lacer tout ça… Je choisis de suivre ce tuto, c’est un laçage qui permet aisément d’enlever et remettre les sandales sans avoir à le refaire.

 

J’y passe bien une demi-heure où je fais, défais et refais pour mémoriser parfaitement le laçage. Je me dis qu’en cas de problème pendant ma sortie de test, c’est bien de pouvoir le refaire rapidement sans se poser de question.

Les premiers essais de laçage ne sont pas forcément évident : à quel point faut-il serrer ? à quel endroit exactement croiser les cordes ? Finalement la réponse est plutôt simple : il faut chercher ce qui convient le mieux et tester. Il s’agit de trouver le juste milieu entre serrer trop fort ( la cordelette devient gênante) et ne pas serrer assez (la semelle se met à se ballader). C’est aussi affaire de goût.

sandales-huaraches

Première sortie, je me contente de faire deux ou trois kilomètres autour de la maison, n’ayant absolument pas confiance en ce que je suis en train de faire. Si ça merde, je suis bon pour rentrer pieds nus donc je m’aventure pas trop loin.

Pourtant Je dois avouer que je suis  plutôt bluffé par les sensations procurées par les semelles : je les trouve douces et confortables, et en même temps elles sont si souples que je ressens parfaitement le sol. Et puis contrairement à des Five Fingers, on a les pieds complètement a l’air libre, et ça, ça fait une grosse différence pour se rapprocher des sensations pieds nus.

Toutefois malgré leur ultra-minimalisme, elles remplissent tout à fait les 2 missions principales que j’attend d’une chaussure : une protection contre les débris contondants et une isolation thermique du sol.

Mais la cordelette ça fait pas mal ? Et la semelle ne bouge pas trop en courant ?

La cordelette et le laçage sont le nerf de la guerre, il faut expérimenter, courir, délacer, re-lacer et trouver ce qui convient. Une fois qu’on a trouvé, c’est surprenant de voir à quel point on ne sent pas du tout la cordelette. Je craignais que ça me cisaille au niveau de mon orteil et il n’en est rien pour le moment. En fait l’avantage de cette histoire de lacet est que c’est à vous de régler le maintien du pied exactement comme vous l’aimez. J’ai tendance à faire un laçage plutôt serré, bien que concernant la cordelette qui rejoins le gros orteil je laisse une peu de détente (de quoi passer un doigt dessous pas plus), et la semelle ne se ballade pas du tout.

En réalité, j’oublie complètement que j’ai quelque chose aux pieds et c’est tout simplement les sensations les plus agréables que j’ai ressenti en courant, juste après le pieds nus. Le contact du pied avec la semelle SuperNexflex est un vrai régal en terme de sensations.

J’ai aujourd’hui bouclé ma première sortie de 10km avec ces sandales sur des chemins au bord de L’erdre et toutes ces excellentes sensations se confirment. J’envisage même pour le fun de les porter peut-être pour ma prochaine course de 10km ( les Foulées de l’éléphant à Nantes) dimanche prochain, si le beau temps est au rendez-vous.

sandale-huarache-profil

plus minimaliste, bah t’es pied nus.

sandale-huarache-enroulee

De la flexibilité, de la sécurité… Mais oui, c’est de la flexi-sécurité ! Mais tout comme le projet de loi sur le travail du gouvernement,  va falloir plus compter sur la flexibilité que sur la sécurité quand même.

 

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4 réflexions sur “Courir en sandales huaraches

  1. J’adore votre humour! C’est vrai que quand on voit des petits jeunes gambader dans les caillasses pieds nus à la plage on se dit que le pied doit quand même être étudié pour marcher et courir dans la nature!

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  2. Pingback: Courir un 10 km nocturne en sandales Huaraches | ䷁ YIN RUN

  3. Pingback: Fabriquer ses sandales huaraches soi-même. | ䷁ YIN RUN

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