Récit du trail des galopades tranchaises

Récit du trail des galopades tranchaises

Et voilà c’est fait, j’ai couru mon premier trail, et j’ai adoré.  Un très joli parcours qui sillonne les pinèdes vallonnées puis offre une superbe échappée au bord de la mer; une organisation au top, de jolies rencontres et un temps qui fut au final magnifique en dépit d’une météo boudeuse qui s’obstinait à nous annoncer de la pluie tout le week-end.

J – 1

Cette fois je ne pars pas seul et c’est avec bonheur que je prends la route avec ma tendre pour rejoindre la Vendée et la Faute-sur-mer où nous avions loué un studio.  On profite du samedi – finalement ensoleillé – pour récupérer mon dossard et nous promener un peu à la Tranche-sur-mer où aura le lieu le trail de 13km le lendemain matin. On mange dans un restaurant où ils se sont dit que quand même, ce serait chouette que les gens puissent manger une choucroute de la mer à côté de Predator, on a souvent envie de le faire et on ne peut pas. Sauf à la Faute-sur-mer :

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Moules-frites versus Predator, bitch.

 

Il y aura pas mal de sable sur le parcours alors j’en profite également pour courir sur la plage et choisir la paire de running que je porterai le lendemain.

essai-chaussure

Un moment tenté par les Five Fingers ou les sketchers ro gun, Je choisis finalement les Merrell Bare Access Trail. Je ne suis pas certain d’être capable de gérer en Five Fingers un tel parcours et c’est finalement moins agréable que je n’imaginais de les utiliser dans le sable. Quant à mes runnings de route favorites, elles sont éliminées parce que dans les fortes descentes, mes doigts de pieds viennent taper fort à l’avant de la chaussure quelque soit le laçage.

La veille au soir comme pour les courses précédentes je stresse un peu et cette fois je m’invente des douleurs bizarres aux pieds, je crains que courir dans le sable ne me fasse mal aux tendons qui étaient récemment en délicatesse. En bon sportif que je suis, je descends à l’apéro du soir quelques bières qui me rendront rapidement ma sérénité ( oui alors si vous lisez ce blog pour avoir des conseils sains c’est raté. )

Jour J 

Le lendemain le réveil sonne à 7 heure. Je me dis que je vais faire comme les vrais et me faire un super petit dej’ façon hashtag healthy dans ce genre là :

 

Sauf que moi ça donne ça :

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Après avoir surmonté une légère nausée en considérant l’horreur que je viens de pondre sur la table en formica, je me résous à avaler une moitié de tartine avec la pâte à tartiner, les noix de cajoux, un bout de banane, le verre d’eau et le jus d’orange. Je snobe le reste et je me dis que je ne parlerai jamais de cette assiette à personne.

Côté équipement j’ai cette fois laissé la montre GPS de côté. J’ai envie de courir sans me poser de question. Le semi-marathon m’a permis de voir qu’en me basant sur la respiration je peux doser mon effort sur la longueur sans trop me planter.

L’heure H

On rejoint la ligne du départ qui est prévu à 10h, l’ambiance et les gens sont très sympas. Nous sommes 500 au départ : environ 250 pour le 8km et 250 pour le 13km. Les animateurs sont au taquet pour nous motiver ( mon âme de musicien n’a hélas pas su se laisser émouvoir par le choix musical en dépit d’une belle prestation scénique  ) :

 

Défiant baromètres et météo, c’est sous un temps ensoleillé et frais qu’on prend le départ à l’heure prévue.

Puis c’est l’embouteillage pour que tout le peloton se faufile dans l’étroit sentier sableux qui permet d’entrer dans la forêt . On ressemble un peu à un troupeau de moutons pressés à la sortie du champ et on se marche sur les pattes. J’avais bien lu qu’il fallait être « véloce » sur le tout premier tronçon du parcours pour ne pas se faire avoir à cet endroit mais je ne m’attendais pas à tel ralentissement du peloton. Je croise à cet endroit Patrice, un des organisateurs, croisé la veille en retirant le dossard, qui me reconnait et me souhaite une bonne course, ça fait toujours plaisir.

Une fois sortie de ce goulot d’étranglement, nous voilà lâchés dans la forêt et on se fait rincer subitement par une de ces pluies qu’on ne voit pas venir comme la mer sait les fabriquer.

Puis aussi vite qu’elle est venue, la pluie repart et le soleil perce à nouveau les nuages pour caresser bientôt de ses délicates petites pattes jaunes nos peaux de coureurs soulagés de retrouver la perspective de courir au sec. Tout le reste du parcours se fera sous un temps idéal, un vrai cadeau pour un premier trail.

On suit de charmants monotraces et des chemins plus larges à travers les pins, enchaînant des côtes et descentes plus ou moins abruptes et plus ou moins sableuses. Quand c’est vraiment trop raide ou ensablé, un peu de marche rapide. Je me sens à l’aise, infiniment plus que sur route. Je trouve globalement le rythme moyen des coureurs relativement soutenu par rapport à mes courses précédentes.

Je fais un bout de chemin avec un coureur fort sympathique dont j’ai oublié de demander le prénom (edit : il s’agit de Jean François ), puis je lui dis que je vais essayer d’accélérer un peu. Finalement je me vautre un peu plus loin dans une dune ( en prenant cette photo en courant – hé oui je donne de ma personne pour ce blog ! ).

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Pour essayer de retrouver un peu de diginité j’en profite pour prendre des photos une fois la gueule dans le sable :

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Jean François, avec qui j’ai fait un petit bout de chemin !

Puis arrive un des moments magiques du 13km : on sort de la forêt de pins pour retrouver la mer, tout à coup le vent vient frapper nos visages, le grondement de l’eau s’intensifie et une fois la dernière dune passée, la mer se découvre tout entière, comme si on la surprenait à poil derrière sa couette de sable. Le peloton de coureur s’étire au loin sur la plage et moi je buggue devant les vagues et je trouve ma vie mortelle. Je prends le luxe d’une pause, de toute façon je ne sais pas à ce moment où j’en suis ni en terme de kilomètres ni en terme de classement, je profite simplement d’être là, je me sens en forme,  plein de ciel et de vagues, plein du dehors.

 

Je me dis que ouais là, j’ai trouvé la manière dont je souhaitais vivre la course à pied, c’est comme ça et pas autrement.

Je poursuis le long de la plage et c’est une portion du parcours jouissive. Par contre le sable commence à bien me casser les pattes, je me tiens aussi droit que possible pour pas trop patiner mais ça reste une progression énergivore. Vient le temps de rejoindre à nouveau la forêt, cette fois-ci on s’enfonce trop profondément dans le sable pour continuer à courir.

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Après un dernier passage en forêt tout aussi charmant que précédemment, on retrouve brièvement la route pour aller rejoindre le parc des Floralies, ultime tronçon du parcours avant l’arrivée. Avant de quitter la forêt j’aperçois l’écriteau qui indique la bifurcation vers le parcours des 26km et je me dis : « à l’année prochaine« .

Je croise Aurélie qui m’encourage, je ne m’attendais pas à la voir ici et ça me donne un sérieux coup de boost pour relancer sur la fin. J’allonge la foulée dans le parc, puis à la sortie quelqu’un me crie qu’il ne reste que 200 mètres avant l’arrivée. Avant d’accélérer je lui demande si c’est vraiment vrai pour de vrai, on me confirme, #yolo petit sprint final pour terminer sur la chanson de rock qui passe à ce moment.

 

Un bénévole me court après : je n’ai pas accroché ma puce à ma chaussure, je n’ai donc pas pu déclencher le chrono automatique. Je lui dit que ce n’est pas grave; je l’avais mis dans mon sac en pensant que ça marcherait peut être quand même. Donc, ça marche pas.

Je connais quand même mon classement car il a pu noter manuellement mon temps de passage à l’arrivée : 74eme sur 250 environ en 1h16 minutes au global. Je suis agréablement surpris, je trouve ça pas si mal.

Je me sens en pleine forme à l’arrivée, je n’ai mal nulle part, j’ai l’impression que je pourrai retourner courir aussi sec. (ça reste une impression, la chute de tension arrivera un peu plus tard).

post-fin

arg c’était bon putain !

Je cherche Patrice puisque la veille nous nous étions donné rendez-vous à la fin, je le retrouve et je lui adresse mes plus chaleureux remerciements pour cette course au cours de laquelle j’ai pris énormément de plaisir, et je l’accapare le temps d’une petite photo souvenir.

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Je suis sur un nuage en rentrant, j’ai vécu un superbe premier trail, un beau week-end et je suis heureux d’avoir pu partagé en prime ces moments avec celle qui vit avec mes côtés. Ca fait presque trop pour un seul homme; si il y avait un livret A du bonheur j’en aurais épargné une partie pour plus tard, pour pouvoir me faire un petit virement dans un moment moins lumineux.

Et puis je me dis aussi:

ça y est

je suis un traileur !

 

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9 réflexions sur “Récit du trail des galopades tranchaises

  1. Excellent, bravo pour un premier trail. Ton récit m’a fait rire car je m’aperçois que j’ai fait toute la course juste devant toi (on me voit en bleu avec la casquette à l’envers sur plusieurs de tes photos) sauf la fin ou j’ai bien entendu ton « c’est bien vrai que l’arrivée est à 200 mètres ? » et ton sprint qui m’a laissé sur place ;-)

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