Le kilomètre de trop

Le kilomètre de trop

Oscar Wilde disait : « le meilleur moyen de résister à la tentation c’est d’y céder. C’est aussi une superbe autoroute pour les emmerdes. » (j’ai un doute sur la fin de la citation). La plus pragmatique version de ma douce : « Carpe diem, d’accord, mais quid des lendemains qui chantent ? » . Car à trop faire chanter le jour présent on déchante le lendemain. La douleur c’est la gueule de bois du coureur.

Alors courir ou ne pas courir ? c’est toute la question; et c’est surtout la question qui se pose quand on décide de convertir sa foulée vers la foulée LFR ou une foulée médio-pied.

LFR ? voir ici : https://yinrun.fr/2015/10/10/transition-lfr-jai-vu-la-lumiere-alors-je-suis-entre/

L’écueil le plus classique que j’ai lu sur les différents blogs, c’est de courir trop et trop tôt. C’est difficile de résister à la tentation de courir plus; mais comme il y a le verre de trop; il y a le kilomètre de trop. Allez, juste un dernier kilomètre !

C’est le conseil le plus donné, le plus important : la pro-gres-si-vi-té, on vous dit. . Je suis prêt à parier que c’est le conseil le moins écouté ! A croire que l’essence du coureur contient dans son ADN sa propre auto-destruction : courir plus jusqu’à courir trop et se briser les pattes. Je soupçonne également le coureur de se dire qu’il est un peu spécial et qu’il pourra y arriver plus vite que les autres. Combien de fois ai-je lu des témoignages du type : « après 20 ans à courir en talonnant avec des chaussures sur-protectrices, je viens d’acheter des Five Fingers ! Mais c’est bizarre après ma première sortie de 35km en montagne de nuit pendant une tempête de grêle; j’ai vachement mal; mes tendons d’achille se sont sectionnés en faisant un bruit de corde de guitare cassée et je ne peux plus courir depuis 6 mois, j’ai les mollets tout durs lol vive le minimalisme ! »

Donc nous, coureurs, nous lisons tous qu’il faut faire attention, qu’il faut y aller progressivement. Mais on ne le fait pas. C’est ainsi. Lecteurs (enfin, si il y en a), ne vous méprenez pas : je suis fait de la même pâte que vous : j’ai envie de courir plus, plus vite, plus longtemps, faire durer le plaisir. Parce que j’adore ça, parce que je me sens devenir meilleur, parce que je m’explore, parce que c’est une brèche hors du quotidien, parce que je prends mon pied ( car curieusement il est possible de courir en prenant son pied sans chuter – pardon je n’ai pas pu m’empêcher de la faire celle-ci ).

J’écris ce billet car j’ai mal aux patounes. Sous les pieds et sur l’extérieur des pieds plus précisément. Ca fait un peu aïe. Je l’ai bien cherché. Depuis que je cours plutôt médio-pied et avec des chaussures plus souples, mes pieds travaillent bien plus dans tous les sens qu’auparavant et je le sens. J’avais décidé de ne pas courir plus de 5km par sortie et j’ai couru 16km dans la même journée pas plus tard qu’il y a deux jours (8km le matin et 8km le soir).

La sanction est tombée dès le lendemain matin où je suis bien évidemment retourné courir : dès le troisième kilomètre j’ai senti que je me faisais engueuler par mon corps. Dans un soudain accès de lucidité; je me suis arrêté net et je suis rentré ( à pied, sans courir, c’était horrible ) boire un café chez moi. En me disant qu’il fallait faire une pause; et revenir à mon excellente idée de courir moins longtemps mais plus souvent car cela semblait faire ses preuves.

Parce que c’est un peu la honte : j’avais appelé ce blog « yinrun » pour quelle raison ? Parce que le yin c’est savoir accepter que le repos fait partie de l’action, parce que la tension et la détente sont un couple; parce que savoir courir c’est savoir se reposer au bon moment. Parce qu’à trop faire chanter le jour présent on déchante le lendemain.

J’écris ce billet pour me mettre du plomb dans la tête; et revenir plus vite avec un nouveau billet qui explique que j’ai progressé dans ma foulée légère. Se reposer, reprendre les sorties en remontant le moteur du mouvement pour soulager chevilles et mollets, améliorer le jeu de tensions et de détentes impliquées dans ce nouveau mouvement. Faire des séances courtes, augmenter progressivement le kilométrage, et avec de la patience d’ici quelques semaines les gros kilométrages suivront. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme aurait pu conclure le lion de la fable.

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Une réflexion sur “Le kilomètre de trop

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